Société des arts


Conférence

Les bustes d’Henry Dunant à travers le monde

Par Roger Durand
Président de la Société Henry Dunand

Suivi du dévoilement du buste à 19h45.

Etonnante destinée mémorielle du fondateur principal de la Croix-Rouge internationale. Disciple du Réveil et leader de l’ Union chrétienne de Genève, Henry Dunant appartient au cercle des proches de Jean-Gabriel Eynard et d’Anna, née Lullin : son premier portrait n’a-t-il pas été fixé sur un daguerréotype si familier du philhellène ? N’est-ce pas grâce aux Eynard, généreux mécènes de la Société évangélique, que l’entreprenant secrétaire du Comité international obtient que la première Conférence de la Croix-Rouge naissante se tienne au palais de l’Athénée, en octobre 1863 ?

Pendant les années de lancement du Mouvement humanitaire, Henry Dunant surfe au firmament de la célébrité (audiences de l’impératrice Eugénie de France et de la reine Augusta de Prusse ; ordres de chevalerie). A la suite de sa faillite calamiteuse, il sombre dans l’oubli de 1867 à 1887. En 1901, le premier Prix Nobel de la Paix lui renouvelle célébrité et considération. Mais l’homme, autant que son image à Genève, est marqué par de profonds traumatismes.

A Genève, il faudra attendre 1919 pour qu’une plaque commémorative lui soit dédiée sur la façade de sa maison natale, à la rue Verdaine ; suivra une rue Henri-Dunant le long de la Plaine de Plainpalais ; mais il faudra attendre 1980 pour que son buste soit enfin érigé en bas de la Tertasse, quasi camouflé sous les feuillages.

Cette discrétion tellement genevoise contraste avec les innombrables lieux de mémoires dédiés à l’apôtre de l’humanitaire, puis du pacifisme. Des centaines de rues rappellent son nom dans des dizaines de pays. De nombreux bustes à son effigie ont surgi : au Musée éponyme de  Heiden ; à Strasbourg, on en compte trois ; à Paris, il inspire le Conseil d’administration de la Croix-Rouge française ; au Val-de-Marne, il y en a deux ; à Bruxelles ; à Ohrid en Macédoine, à Prishtina au Kosovo ; à Tirana en Albanie ; au Costa Rica, il y en a deux ; à Qindao en Chine ; bientôt à Tunis … sans oublier une statue en pied à Solferino !

Comme cette notoriété s’inscrit dans une vague de mises en évidence d’Henry Dunant : bateaux, montagnes, timbres poste, médailles, pièces de monnaies officielles, muserets et autres références récurrentes dans la presse, il vaut la peine, une fois au moins, de visualiser les traits de l’homme, en chair et en os, ou plutôt en bronze, admiré sur les cinq continents.


ENTRÉE LIBRE

Une réception suivra dans les salons.